Extrait de l'émission "Las-bas si j'y suis" de Daniel MERNET sur France Inter
La nuit des garde-fous (3),lundi 7 mars 2005
Suite du reportage d’Olivia Gesbert...
Michel Lemasson, psychiatre, travaille pour l’Asais, association qui mise sur la réinsertion des exclus par le social, le culturel et le suivi
psychologique.
Il s’agit d’une aide globale qui ne se limite pas à une approche médicale.
L’humain est enfin retrouvé dans cette relation autour d’un bistrot associatif, d’ateliers d’écriture, de chant, de théâtre, de consultations suivies et de logements autogérés.
http://www.la-bas.org/article.php3?id_article=628&var_recherche=asais
Voyage au coeur de la psychiatrie épisode 10
Vidéo envoyée par europeus
La psychiatrie, les troubles et la prise en charge existent aussi, et surtout, dans la rue, chez les personnes sans domicile fixe, chez les exclus. L'hôpital public s'occupe de ces personnes par
l'intermédiaire du SAAU, le service d'accueil et d'admission d'urgence de Charles Perrens. Le Samu social côtoie aussi de près la maladie mentale dans les rues de la ville et dans son centre
d'accueil du cours de la Marne à Bordeaux.
Alexis Fricker (journaliste)
Voyage au coeur de la psychiatrie épisode 4
Vidéo envoyée par europeus
Cécile a été hospitalisée à l'hôpital Charles Perrens durant deux ans et demi, entre octobre 1999 et mars 2002. Elle avait tenté de se suicider et elle raconte son passage en hôpital
psychiatrique et décrit ce qu'elle a vécu durant cette période.
Alexis Fricker (journaliste)
MERCI ASAIS-ICARE
"Je suis arrivée à l'association Asais en avril 2002. Je m'en souviens comme si c'était hier. Cet endroit a changé ma vie et ma vision sur celle-ci».
J'avais été hospitalisé deux ans et demi à l'hopitâl psychiatrique de Charles Perrens . Le fruit d'un passé lourd et très douloureux. Une souffrance que je ne
gérais certe pas à l'époque, et c'est pour cela que j'acceptais volontiers toute aide. J'étais bien décidé à m'extraire de mes maux. Malheureusement, j'ai vite compris à mes dépends que l'hopitâl
psychiatrique ne convenais pas forcément à tout le monde. En tout cas ce n'était pas le genre d'aide auquel j'aspirais.
Je ne voyais pas en quoi le fait de rester enfermée entre ces murs pouvais m'aider à me sentir mieux. Je ne me sentais pas à ma place mais «eux» en avaient
décidés autrement. Je suis donc resté pendant tout ce temps, retenue contre mon grés dans cet chambre d'hôpital. Je ressentais un grand besoin de bouger,de m'exprimer. Je n'en pouvais plus d'être
confinée dans un endroit aussi froid , rigide et autoritaire. Je me sentais frustré de ne pouvoir rien y faire. J'avais honte de souffrir, je haissait cette souffrance qui m'ammenais là, faisant
de moi la seule fautive. Oui si j'étais là c'était bien de ma faute. Comment se donner le droit d'être mal dans de tels circonstances?
Quand je suis arrivée à Asais, j'étais abattue par cette mauvaise experience qui s'accumulait aux douleurs du passé. Ce que je vais dire peut paraître très
contradictoire, mais c'est là que j'ai appris à souffrir «en paix». Pour une fois on me laissais aller mal sans me cataloguer de ci ou de celà. J'ai pu aller au fond de mes maux pour les
extraires. Je les ai laisser vivre, s'exprimer, jusqu'à qu'ils n'aient plus lieu d'être. Mais ceci ne s'est pas fait sans une aide précieuse et je dirais même indispensable.
Tout d'abord j'ai été accueilli à «la résidence» d'Asais. J'y ai séjourné 11 mois. J'avais un toit, ou je me sentait vivre, exister puisque j'y était
autonome. On me faisais confiance!! (C'était extrêmement important pour moi ). Je me rendais deux à trois fois par semaines au centre médico-psychologique. J'y rencontrais la psychotérapeute et
lui parlais de ce qui me rongeais, je me vidais . Je voyais également le psychiatre pour voir comment je gérais les choses, mon évolution au sein des structures, mon adaptation. Pour savoir si je
n'avais aucuns soucis liés à tout cela. (J'ai été dans des structures fermées, commes des foyers, des hôpitaux... Eh bien je ne m'y suis jamais senti mieux en sécurité qu'à la résidence d'Asais
qui est un endroit ouvert, autonome. Pourquoi s'imagine t'on que pour éloigner tout danger il faut garder les personnes enfermées? A Asaïs ils ont compris que le principal était de pouvoir
dialoguer et instaurer une confiance. Car ne dit-on pas que le meilleur ennemi de chacuns est soi-même? Ce qui revient à dire qu'en gardant les gens ainsi enfermés, cela equivaut à les exposer à
leur plus grand danger). J'allais également au bistrot assiociatif, je discutais avec des personnes de tout horizons. Intervenants, adhérents..., nous étions tous égaux. Aucuns jugements n'était
émis. On échangeait de tout, de rien. On se regroupait pour organiser des soirées, débats, etc. Je suis arrivé avec un poid énorme, pourtant ici je me sentais légère. J'ai fait du théatre pendant
quatre années consécutives dans cette association. Quel bon moyen d'expression pour le corps et l'esprit. Avant ça j'étais persuadée que le monde des expositions, du théâtre ou de la peinture,
appartenait à d'autres. Qu'il m'était innaccessible. Et j'ai compris, non pas que j'avais une place quelque part, mais que j'avais ma place partout si je le désirais. Cette association a vraiment
changé ma vision sur «ma» vie. Elle m'a aidé à ne plus la subir, mais être actrice de celle-ci.
J'avais donc un toit, une aide thérapeutique, un endroit ou me poser et échanger, et un autre pour m'exprimer. Ma réinsertion a pu se faire tranquillement. Des
outils pareils étaient nécessaires à ma reconstruction. J'ai vraiment beaucoup de chances d'avoir eu accès à ces services. Malheureusement je ne connais aucuns lieu de ce type, qui soit aussi
complet. Il existe des personnes comme moi qui vont sûrement très mal et qui ont juste un grand besoin de se retrouver, de pouvoir s'exprimer... La bonne solution pour eux n'est pas forcément
celle des autres. Aussi je souhaite à toutes ces personnes de trouver un lieu comme celui-ci. Aujourd'hui je suis complètement remise sur pied , je ne souffre plus. Je continue parfois à aller à
Asais car c'est un endroit ou je me sens bien. J'y ai appris à exister et à aimer çà.
Encore un grand merci, et longue vie à Asais!!!
A.C.
Je tiens à remercier Asais pour les stages d'expression artistique en lien avec le spectacle vivant que l'association propose aux adhérents à la salle Artisse. Cela permet de connaitre des
artistes, en général ouverts et sympathiques, et d'aborder leurs manières de travailler car ainsi on apprend toujours des choses, autant sur le plan de la discipline que des choses
en lien ou pas avec ce qui se passe autour de nous. C'est une expérience d'échange conviviale qui jette des ponts vers l'extérieur ( que ce soit vers l'art, ou notre monde actuel ). Libre à
nous de poursuivre ce lien en gardant contact avec les compagnies.
C'est un bon moyen aussi de faire de nouvelles rencontres !
Souhaitons encore de beaux jours à Artisse et aux compagnies en résidence.
Juliette
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