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En date du 30 mars 2009, la DDASS de la Gironde lors du comité local de santé mentale, a annoncé le retrait des moyens hospitalier mis à disposition d’Asais pour le 13 septembre 2009.
Le retrait de ces moyens, comme le stipule l’audit réalisé pour le compte du Conseil Général de la Gironde et du Centre Hospitalier Charles Perrens, amènerait l’association à ne plus
pouvoir mener le projet associatif pour lequel elle est par ailleurs financée. Le Tribunal de Grande Instance, par son jugement du 29 mai dernier, a donc décidé de placer l’association
sous mesure de sauvegarde de justice.
B.Allemandou Président d’Asais |
S'il s'agit de remplacer le travail de l'association par une nouvelle cellule du type "samu social", il reste encore beaucoup de chemin à faire pour les décisionnaires avant de comprendre quelle est l'utilité de votre association.
C'est assez frustrant de se sentir à ce point impuissant...
Mes encouragements tout de même :s
Chers Isabelle et Joshua.
Merci pour vos encouragements. Au delà des menaces qui pèsent plus particulièrement sur le projet ICARE de l'association ASAIS, c'est toute une manière de regarder l' exclusion, la précarité, la santé et bien entendu la manière d'aborder ces questions en terme d'insertion sociale qui est en jeu.
C'est surtout une question de société, donc éminemment politique. Le traitement administratif et partenarial qui nous est fait depuis du temps témoigne d'une grande méconnaissance de la réalité des problèmes de "galères" et de leurs effets sur la santé : une méconnaissance qui frôle l'incompétence dans certains cas. Nous ne pouvons nous battre contre des moulins, des murs, des fossés qui se creusent entre le social et la santé pour ne parler que du fond du problème.
Dans la forme, les méthodes employées sont celles des voyous, des lâches ou tout simplement des agents chargés de la mise en oeuvre des politiques sociales, de santé, culturelles à travers des dispositifs qui s'empilent sans penser leur pertinence et adaptation aux problèmes actuels d'isolement et de souffrances liées à une précarité galopante.
Et pourtant nous parlons bien d'un projet qui a fait ses preuves, qui est fort peu coûteux et qui marche relativement bien quand on veut bien lui donner les moyens de fonctionner et non de survivre.
Au jour d'aujourd'hui les dommages sont très importants et pas collatéraux : rupture de soin, atomisation de l'équipe pluridisciplinaire qui joue pourtant un rôle central dans la continuité des prises en charges et de l'accueil. C'est beaucoup de violence qui est adressée à ce projet à travers son équipe. Nous pensons bien entendu à nos collègues Hélène BIELLE et Michel LEMASSON qui sont les premières victimes de cette chasse aux sorcières qui ne se dit pas. C'est un immense gâchis à tout points de vue, un mépris du travail qui a été fait ainsi que de la souffrance des personnes en situation d'exclusion.
Alors une question plus que les autres encore occupe nos esprits : pourquoi?
Qu'est ce qui dérange à ce point?
Nous croyons que cette crise est représentative d'une société qui fabrique et entretien un fonctionnement de l'urgence, dans l'urgence, une politique de l'après coup (et coût) qui préfère aux vertus de la prévention, l'expertise de l'autopsie.
Ne nous trompons pas quand dramatiquement une infirmière psychiatrique se fait couper la tête ou un passant poignarder dans la rue par ce que l'on appelle un "malade mental", c'est certainement parce que la société n'est plus en capacité humaine de prévenir ces passages à l'acte ni de garantir une place possible pour ceux qui incarnent trop douloureusement la différence.
Ce qui se passe pour l'association est certainement une traduction de cette violence qui est produite par notre société et qui touche plus particulièrement ceux qui sont à la marge. Pourtant l'exclusion est bien là. Voudrait-on la cacher autant que la manière qu'à notre société de la traiter?
Il nous semblait qu'il était possible de dépasser les clivages partisans, les territoires professionnels, les questions de pouvoir pour regarder de manière globale.
La crise actuelle en montre plutôt les cruelles limites.
Peut-être que les témoignages des expériences de la galère pourraient permettre d'ouvrir le débat qui a du mal à se poser autrement d'en terme uniquement de moyens, de logements, de médicaments, de dispositifs, de coups par coups, de prise en charge, de patates chaudes, d'être capable ou pas capable de, de trouver un boulot, de se bouger les fesses, de se lever tôt pour se lever tôt,...
Il va falloir se lever effectivement tôt et nombreux pour que cela change.
Pour notre part, il est hors de question de continuer à jouer le rôle du "punching-ball", celui du "métal chaud" entre le marteau et l'enclume, des artisans souriants, bons marchés, silencieux et corvéables de la paix sociale. Mais pour qui nous prend-on?
Peut-être que quand les personnes en auront vraiment assez de se faire prendre pour de la viande à traitement, de la chair à dispositifs qui marchent pas, pour des moutons qui vont manger de l'herbe dans le champs de la Culture de consommation et de loisir, peut-être qu'elle le feront entendre d'une autre manière et d'une autre voix.
En entendant, les structures comme la notre ne peuvent plus faire le tampon, l’éponge ou jouer le rôle de désodorisant face à ces problèmes profonds :
quand c'est la merde, c'est la merde!
Encore merci pour vos messages et à bientôt.
L'équipe